Nostalgie-1 ( Brouillon d’une pensée)

odyssé

Nostos, signifie retour. Algie, la souffrance. Le roman nostalgique par définition est L’odyssée. Ulysse est le rusé, l’homme aux mille ruses, certes, mais aussi l’homme de souffrance. Il n’y a pas de synonyme à Odyssée. Ce n’est ni un voyage, ni un périple et certainement pas une croisière ou une virée. L’odyssée est dans l’épopée d’Ulysse. L’odyssée est une nostalgie aux vues des épreuves qui se dressent devant Ulysse, l’éreinte, l’accablent, dans son retour en Ithaque; ce retour est souffrance. Ulysse est un héros qui pleure. Cependant il ne fuit jamais la confrontation. De son triomphe, le monde en est désenchanté : les interventions divines sont aussi ineptes que le chant des sirènes, ils ne sont plus qu’un effet de style dans le poème des Aèdes, une métaphore au parfum de pavot qui grise l’esprit le temps du récit. Ulysse quitte Calypso qui souhaite l’inhumanité des dieux pour le choix d’une vie humaine. Athéna ne devient que le miroir tronqué de la mémoire proposant aux regards une image d’Ulysse comme le reflet d’un souvenir. Seul Argos, le vieux chien ne se laisse pas tromper, puis Euryclée, la nourrice qui reconnaît la cicatrice sur la cuisse du héros. L’un et l’autre ont vu au-delà des apparences, au-delà de l’oubli. À Ithaque, Ulysse n’est plus qu’une rumeur ; ailleurs en Grèce, il est déjà chanté dans les épopées. Son retour n’est pas qu’une anecdote. Le massacre des prétendants est celui des pilleurs sans vergogne des tombes non encore celées ; les véritables lotophages. Après, Ulysse demeure le roi d’Ithaque, ce n’est plus un héros. Ce retour est un retour dans le sens noble du terme, un retour à l’être, au devenir. Ulysse ne revient pas en son royaume, il revient vers sa femme, son fils. Il revient vers son père. Le début de l’Odyssée est celle de Télémaque, dont le nom veut dire « de guerre lointaine », je crois, qui parcourt la Grèce pour connaître son père. Connaître veut dire naître avec. Ulysse, en son Odyssée, est en la connaissance, autrement dit celui qui ne cesse de naître avec. Alors que son équipage meurt, et notamment d’avoir mangé les bœufs du soleil contre tous les avertissements, ou d’autres sottises d’ignorant comme le dirait Spinoza, Ulysse ne cesse de s’inventer devant le phénomène, devant l’événement. Ulysse est ainsi la continuité de l’altérité dans la continuité de l’être, car l’identité c’est être identique à l’être en son devenir et non dans la répétition du même, la sclérose de l’âme.

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