Ode aux perdants

 

 

fragment-deux

 

 

Les perdants

Des petites vies

Presqu’ouvriers de la routine

Chairs involontaires de prostitution

Par usure et lassitude

Et besogne

Ou rognure

Sans compter le quotidien

Sa sueur

Et son pain

Bras moi je ne fus pas

Au pied du mur

Ni herseur de terre

Ou lamineur de chaleur

Le métal ne fond pas dans mes mains

Le sol ne brille pas de mon geste

Et je ne sais rien du martèlement

Humide de rien

Sinon d’insomnies

Anonyme

Et si peu dans la parole

Je sais le silence

Ce labeur que portait mon père

Sur ses épaules

Comme un Atlas de mauvais livre

Lui l’ivre de vin mauvais

Ou ma mère la lutteuse

De chaque jour

Pour tout

Pour rien

Pour le voisin

Pour l’autre

Et si peu pour elle

Et moi enfant nu ruisselant

De honte

Dans l’alcool du père

Et l’absence de mère

Dans un miroir

Je fragmente

Et l’éclat me traverse

Je sais le silence

Je l’entends autour

Je le sais m’œuvrer

Comme il œuvre

Les déjà perdus

Mes compagnons d’âge

Auxquels je ne parle pas

Faute de savoir

Et eux

De dire

Seuls

Dans le miroir des regards

Une prison de l’enfance

Comme mon corps

Vendu aux mains

Une autre prison

De l’enfance

Comme

L’enfance dont le corps

Ne me permet pas

Et que le temps corrompt

Pour ne laisser

Que reflets

Et j’avais déjà perdu

Sous le temps

Sous les mains

Sous l’ivresse

Les miroirs

Ou  l’absence

Je devinais

Le destin et la chute

Des chairs d’infortune

Alors

La petite vie

Vivante

Malgré les défaites

Comme résistance

Et surtout

En communion

Oui

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